Tout a commencé à 9 ans.
Ma maman vendait des habits commandés sur La Redoute. Ma sœur aînée et moi étions ses petits mannequins. Deux petites Congolaises portant des robes venant de France, c'était magique. C'est aussi à cet âge que j'ai mis mes premiers talons. À 56 ans, mes chevilles s'en souviennent encore 😄
Depuis, m'habiller est une évidence. Je mets toutes les couleurs, toutes les matières, du short au pagne africain, en passant par les robes, jupes, blouses… TOUT. Et partout où je passe, hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, tout le monde remarque. Ma famille, mes amis, mes collègues m'ont surnommée « Christina », en référence à Cristina Cordula, parce que je conseille, j'accessoirise, je choisis. Je ne peux pas acheter un habit sans imaginer la chaussure, le sac, le bijou, le parfum… et oui, jusqu'aux sous-vêtements 😉
12 ans d'hôtesse de l'air. Chaque escale, je ramenais des pièces. Des habits, des étoffes, des idées. Le monde comme dressing.
Vendeuse chez Camaïeu et chez Cléor. En cabine d'essayage, les clientes repartaient habillées, vraiment habillées. Il y avait cette cliente RH qui ne venait que les jours où j'étais là. Et puis cette jeune femme, venue avec son chéri, qui se cachait sous des tissus parce qu'elle ne se trouvait pas belle, trop ronde, pas assez… Je l'ai prise à part et je lui ai dit :
« Si tu ne t'acceptes pas, personne d'autre ne le fera. Si tu ne t'aimes pas, personne ne le fera. Tu es une très belle femme. Viens, on va choisir ensemble. »
Elle était venue juste regarder. Elle est repartie avec 2 jeans, 2 blouses, une veste… et le sourire.
Je ne vendais pas pour vendre. Je conseillais. Et la cliente revenait.
Puis la vie a tout chamboulé.
Jumeaux à 45 ans. Deux grands fils déjà adultes, une petite-fille de 6 ans, un mari pilote qui ne savait pas trop comment s'y prendre avec des bébés. Ma grande sœur à 3 heures de route. Et moi, sous l'eau.
S'habiller devient une gymnastique quand tu es seule avec deux nourrissons. Tu mets ce que tu trouves sous la main. Tu te laisses aller. Le miroir, qui était ton allié, devient quelques secondes à peine, alors qu'avant tu y passais du temps, pour toi d'abord, et par respect pour les autres.
Mais à 6 mois des jumeaux, j'ai décidé de me retrouver.
Je me souviens encore de la tenue ce jour-là : veste sportive, jupe courte noire, petits talons 7 cm, et mon sac Longchamp doré. Un TAF. Un entretien décroché dans la journée. Parce que j'étais classe, propre, et toujours pétillante.
J'ai été retenue. 9 mois dans cette entreprise, puis 7 ans dans la même compagnie, à 15 minutes de chez moi.
Mes collègues se souviennent encore. L'une m'a dit : « Depuis que je te connais, je ne t'ai jamais vue deux fois avec la même tenue. » Un autre : « Dès que j'entrais dans l'open space, je sentais le bon parfum depuis la porte. Je savais que c'était toi. » Et une autre, que j'aimais profondément : « Toi, même avec un sac poubelle, tu seras toujours bien habillée. »
Ce que j'ai appris de tout ça ?
S'habiller, ce n'est pas toujours une question d'argent. C'est savoir agencer. C'est choisir avec intention. Et ça peut complètement changer le cours de ta vie.
Reflet Solaire, c'est tout ça. Une vie entière de passion, de rencontres, de femmes accompagnées. Je ne sais pas exactement combien. Mais je sais que chaque fois, c'était vrai.




